Malgré l’opposition majoritaire des agents et de leurs organisations syndicales, malgré son rejet par le Parlement, la réforme de l’inspection du travail concoctée par notre ancien ministre est aujourd’hui en train de s’appliquer. Et les grands discours laissent la place à la cruelle vérité des chiffres.

Le « Ministère Fort » de Messieurs Sapin et Rebsamen, c’est par exemple moins 5 postes d’agents de contrôle dans le Val de Marne, moins 7 postes dans le Rhône, moins 4 postes dans le Finistère, moins 6 postes dans la Drôme ou encore moins 2 postes dans le Tarn et Garonne.

Toutes les régions sont touchées et au total c’est une diminution de l’ordre de 10% des effectifs de contrôle dès l’année prochaine qui se profile ! Et ce n’est qu’un début, la DGT reconnaissant lors du CTM du 23 mai que la baisse des effectifs devrait se poursuivre au cours des prochaines années !

La politique d’austérité que mène le gouvernement et qui touche toute la fonction publique est l'une des raisons de ce massacre, mais pas la seule. A travers leur réforme, les dirigeants du ministère ont fait un choix qui accentue la saignée des effectifs : celui de multiplier l’encadrement pour « piloter » l’action de l’inspection du travail et de supprimer des postes d’agent de contrôle et de secrétariat pour financer les postes de RUC.

Cela conduira évidemment à une augmentation de la charge de travail des agents de contrôle, à laquelle va s’ajouter la désorganisation des services et les intérims à rallonge induits par la période transitoire prévue pour durer encore… entre 5 et 8 ans !

Les secrétaires de section ne sont pas épargné-e-s. Le ministère annonce la transformation de ces postes en « assistant de contrôle » sans en définir le contenu et sans aucune compensation financière ou nouvelle perspective de promotion. Le fonctionnement futur des secrétariats de section est laissé à la discrétion des RUC, ce qui laisse, malgré les dénégations de nos dirigeants, la porte ouverte à une organisation du travail où les agents sont interchangeables et déconnectés des agents de contrôle et des entreprises dont ils ont la charge.

La dégradation des conditions de travail ira de pair avec une dégradation du service rendu aux usagers : augmentation du ratio nombre de salariés/agent de contrôle, agents affectés sur deux ou plusieurs secteurs, « pilotage » des actions de contrôle souvent déconnecté des besoins des salariés et de leurs représentants…

Car l’objectif de cette réforme est bien la caporalisation de l’inspection du travail avec la mise en place de postes de RUC afin de mieux nous « piloter » et de nous vendre la politique travail du ministère afin que notre action soit, soi-disant, plus visible vis-à-vis des usagers. Ceux-ci en jugeront par eux-mêmes... L’arrivée des « nouveaux pouvoirs » aux mains des DIRECCTES va fragiliser d’autant plus notre action et va permettre aux patrons de négocier les suites à contrôle avec l’autorité administrative représentante du préfet. L’indépendance de l’inspection du travail a vraiment du plomb dans l’aile. 2 Les services de l’inspection ne sont pas les seuls touchés. Les suppressions de postes et les externalisations auxquelles nous avons assisté ces dernières années au Pôle 3E, dans les services de renseignement et les services supports se poursuivent. Aujourd’hui c’est la régionalisation des services FSE qui est à l’ordre du jour.

Il n’y a pas de fatalité aux suppressions de postes et à la dégradation des conditions de travail. Les choix politiques qui ont été faits peuvent être modifiés ou défaits sous la pression de la mobilisation des agents et des salariés. Alors, exprimons collectivement notre refus de cette politique.

Les organisations syndicales CGT, FO, SNUTEFE-FSU et SUD appellent tous les agents à se réunir en Assemblées Générales dans tous les départements en vue d’une grande semaine de mobilisation entre le 10 et le 20 juin :

- Envahissons les réunions de mise en oeuvre de la réforme

- Rendons visible la casse de l’inspection du travail

- Signons la pétition accompagnant le droit d’alerte rédigée par des agents de l’UT 95 ( à adapter, sur chaque site) et remettons-la, nombreux, au DGT lors de sa venue en Aquitaine le 20 juin.

- Venons nombreux à l’action interrégionale organisée le 20 juin à Bordeaux à l’occasion de la grande messe en faveur de la réforme organisée par Monsieur STRUILLOU.

Elles appellent par ailleurs les agents à refuser d’effectuer tous les intérims liés à la mise en place de la réforme « Ministère Fort » qui désorganise les services et crée des surcharges d’activité pour les dix ans à venir

Non à la surcharge de travail organisée et à la dégradation de nos missions ! Non à la souffrance au travail A l’Inspection du Travail et dans tout le Ministère, pas un poste en moins ! Retrait du décret du 20 mars 2014 !

NB : Le droit d’alerte rédigé par des agents de l’UT 95 pourra servir de support aux échanges dans les AG.